Tonnelier

Le musée possède dans ses réserves, l’ensemble des outils utiles au tonnelier, mais par manque de place, ne sont pas exposés.

La préparation des bois.

Le chêne est le bois de tonnellerie par excellence. Le mérandier fend les billes de chêne avec un coutre : les lames de bois ainsi obtenues constituent les merrains (pour 1 m3 de merrain, il faut environ 4 m3 de bille de chêne). Le bois est ensuite mis à sécher. Puis commence le travail du tonnelier.

Les billes de bois sont fendues au moyen du coutre sur lequel on tape avec la mailloche. Les douves sont ébauchées avec la doloire : c'est sans doute le travail le plus difficile, la doloire pesant plus de 4kg ! Elles sont ensuite arrondies extérieurement et creusées intérieurement à la plane. Le tonnelier doit alors donner à l'épaisseur des douves une inclinaison ou clain, de façon à assurer l'étanchéité du tonneau une fois l'ensemble serré. Cette opération se fait avec la colombe, sorte de varlope retournée. Tout au long de ce travail essentiel, l'inclinaison du clain est soigneusement contrôlée à l'aide de gabarit.


Montage des tonneaux

Une fois les douves réalisées, vient le temps du montage lui-même. Le tonnelier présente toutes les douves et place 2 cercles métalliques. Puis il retourne le fût et met en place le bâtissoir en passant la corde autour du tonneau ; en tournant ensuite la vis, il rapproche peu à peu les douves. Pour aider à cette opération et éviter le bris des douves, il allume un feu à l'intérieur du fût : la chaleur, en l'attendrissant, rend le bois plus souple et plus facile à mettre en forme. Le tonnelier place alors un cercle près de l'extrémité du tonneau et peut enlever le bâtissoir.  Puis il place un second cercle. Muni de quatre cercles, le tonneau peut enfin être transporté.

Rognage, parage et chanfreinage.

Le rognage consiste d'abord à mettre toutes les douves à la même longueur. A ce moment du travail, le tonneau a encore la forme d'un polygone : le parage consiste donc à adoucir les angles. Puis vient le chanfreinage par lequel l'extrémité intérieure des douves est taillée en biseau ; le chanfrein limite ainsi le risque d'éclatement de l'extrémité des douves. En enlevant à l'intérieur du tonneau une demi-épaisseur des douves, l'asse et le rabot (nommé stockholm) créent le pas d'asse.


Jablage, fonçage et finitions.


Le rognage consiste d'abord à mettre toutes les douves à la même longueur. Le  jable est la rainure dans laquelle se placera le fond du tonneau. Elle est creusée avec le jabloir, auquel le tonnelier imprime un mouvement de va-et-vient jusqu'à ce qu'il obtienne la profondeur voulue. Pour les fûts plus petits, le jabloir est une verdondaine. Il s'agit ensuite de munir le tonneau de ses fonds, opération appelée fonçage. Le fond est constitué de pièces juxtaposées : les chanteaux à l'extérieur, les aisselières ensuite, encadrant la maîtresse pièce. Ces parties sont serrées entre elles, sciées à la longueur voulue et biseautées à la plane. Le tonnelier peut alors desserrer les cercles les plus proches du jable pour mettre en place de chaque côté un chanteau puis une aisselière ; il positionne ensuite la maîtresse pièce en écartant les douves ; puis il remet en place les cercles en les frappant pour les faire descendre. Au moyen de la bondonnière, il perce alors les trous de bonde, l'un sur le fond, l'autre au milieu d'une douve, en général la plus large est la plus mauvaise.


 

 

Il est temps pour lui d'apposer sa marque sur le tonneau terminé à la rouanne...